Elections présidentielles

Retrait des produits impropres à la consommation

Alain-Georges Emonet, ancien journaliste présentateur des actualités sur FR3, contributeur régulier à VERSUS, nous fait le plaisir d’un billet d’humeur sur l’élection. Je lui trouve des allures proches des regrettés « Guignols » de Canal+, et le publie pour mettre un peu d’humour dans ce Grand Guignol qu’est devenue l’élection présidentielle française.

Les élections présidentielles vivent au rythme de notre société et subissent les aléas de notre actualité. Ainsi avons nous vu le retrait d’un certain nombre de produits impropres à la consommation suspectés d’absence de bactéries contagieuses communément appelées « 500 signatures ».

Le cerveau des français étant, dans ce printemps pathétique divisé en deux lobes totalement inconciliables, l’un consacré à la guerre en Ukraine, l’autre à la campagne électorale.

Justement une campagne qui ne fait pas recette depuis qu’Alphonse Allais a décidé de ne plus y construire de villes. Avec un écolo-candidat pas vraiment naturo-compatible et qui dût combattre tout autant l’énergie-fossile que ses supporters-fossiles.

Un président sortant dont les saillies ne sont pas toujours sortables, prometteur de jours meilleurs et promoteur de réformes. Labellisé « cinq ans à venir » par un organisme totalement dépendant.

Une challengère dont le seul défaut apparent est d’être la fille de son père. Appellation d’Origine Protégée: « Game Over ».

Le troisième homme, sous les couleurs bleu et blanc de l’OM (Orateur et Mistral) fournisseur officiel des marchands d’accent méridional de la Cannebière.

Un autre se prenant pour un justicier qui aurait aimé signer de la pointe de son épée d’un Z qui veut dire Zorro. Malheureusement le seul Z médiatisé est celui que portent les véhicules des assaillants russes en véritable convoi de la mort.

Juste derrière lui, la porte-parole de la réalité augmentée, spécialiste des gestes et postures, issue de la célèbre série télévisée « Battue au premier regard ».

Et puis cette autre prétendante ceint de son écharpe de Reine de Paris qui a vu  son rêve le plus fou disparaitre : devenir influenceuse.

Et celui-là, la casquette vissée sur la tête à la Niki Lauda mais dont la couleur rouge de la combinaison n’est pas celle d’une prestigieuse firme automobile italienne.

Enfin, la kyrielle des déçus de l’accession à la propriété, qui devant la crise immobilière et les restrictions du marché ont jeté leur dévolu sur la location du palais de l’Elysée. Confondant, par là-même, le président du conseil constitutionnel et Stéphane Plaza…

Alors, l’électeur français, calé dans un confortable fauteuil et gavé de pop-corn post covid, met le film sur pause et se souvient qu’il n’y a qu’un seul président de la république que l’on a jamais appelé « Monsieur le Président ». On lui disait « mon général »…

Alain-Georges Emonet

le 23 avril 2022

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